· Trusts & Estates · 7 min read
Quand mettre à jour votre plan successoral ? Les signaux à surveiller
Un plan successoral vieillit sans bruit. Ces événements de vie, changements de patrimoine et réformes législatives signalent que testament, fiducie et bénéficiaires sont à revoir.
Un plan successoral est exact le jour où vous le signez. Ensuite, chaque changement dans votre famille, votre patrimoine, votre adresse ou la législation fiscale l’éloigne un peu plus de ce que vous écririez aujourd’hui. La plupart des plans que nous examinons ont été signés il y a des années et désignent encore un tuteur parti depuis vivre à l’étranger, un exécuteur testamentaire décédé ou un ex-conjoint comme bénéficiaire d’un compte de retraite. Savoir quand mettre à jour votre plan successoral (estate plan) consiste surtout à reconnaître les événements déclencheurs, puis à prendre effectivement rendez-vous.
Les événements familiaux qui doivent déclencher une révision
Mariage, remariage et nouveau partenaire
Un testament signé avant le mariage peut ne pas pourvoir aux besoins de votre conjoint comme vous le souhaitez, et en Virginie, à DC et à New York, le conjoint survivant dispose du droit légal de réclamer une part minimale de la succession (elective share), quoi que dise le testament. Un second mariage avec des enfants nés d’une première union est la source de contentieux successoral la plus fréquente que nous rencontrons : le plan doit dire qui passe en premier, du nouveau conjoint ou des enfants, et dans quel ordre, faute de quoi les règles par défaut décident à votre place. Les partenaires non mariés n’ont aucun droit successoral dans le cadre de la succession ab intestat (intestacy), si bien qu’un plan est le seul moyen de pourvoir à leurs besoins. Ce sont les échanges que nos avocats en trusts et successions ont avec chaque client dont la famille a changé de configuration depuis la dernière signature.
Divorce et séparation
Le droit de Virginie et celui de New York révoquent automatiquement les dispositions d’un testament favorables à un ex-conjoint dès que le divorce est définitif, et tous deux étendent cette règle à de nombreuses désignations de bénéficiaires, avec des exceptions. Ne comptez pas dessus. La révocation ne s’étend pas à tous les biens, elle ne s’applique pas pendant une séparation, et la loi fédérale impose à un plan de retraite d’employeur de verser les fonds à la personne inscrite sur le formulaire du plan lui-même, même s’il s’agit d’un ex-conjoint, quel que soit le droit de l’État. Mettez à jour vous-même chaque document et chaque désignation.
Naissances, adoptions, décès et incapacité
Un nouvel enfant ou petit-enfant doit apparaître dans le testament, dans la désignation du tuteur et dans toute fiducie (trust) qui distribue nommément plutôt que par catégorie de bénéficiaires. Le décès ou l’incapacité d’un exécuteur testamentaire, d’un fiduciaire (trustee), d’un mandataire ou d’un tuteur désigné laisse un vide que le tribunal comblera si vous ne le faites pas. Nous recommandons de désigner au moins un suppléant pour chaque rôle et de revoir ces noms à quelques années d’intervalle, même si rien d’autre n’a changé.
Les changements dans votre patrimoine
Acheter ou vendre une entreprise, acquérir un bien immobilier dans un autre État ou un autre pays, recevoir un héritage ou ouvrir un compte de retraite important modifie la structure du plan. Une fiducie révocable ne régit que les biens qui lui ont été transférés : une maison achetée après la signature de la fiducie reste en dehors, sauf si quelqu’un la lui transfère par acte (deed). Un bien immobilier situé dans un autre État et détenu en votre nom propre entraîne une procédure successorale judiciaire (probate) supplémentaire dans cet État, comme l’explique notre article sur la planification successorale des biens immobiliers situés dans plusieurs États. Une nouvelle participation dans une entreprise soulève la question de savoir qui peut la diriger, qui peut la vendre et si un pacte de rachat entre associés (buy-sell agreement) dicte déjà la réponse. Ce sont les questions qu’examine notre équipe planification successorale et protection des actifs lorsque le bilan d’un client évolue.
Déménager dans un autre État ou un autre pays
Un testament valablement établi dans un État est en général reconnu dans un autre, si bien qu’un déménagement à lui seul invalide rarement le plan. Ce qui change, c’est tout ce qui entoure le testament. Les procurations et les directives médicales reposent sur des formulaires propres à chaque État, que les banques et les hôpitaux du nouvel État peuvent ne pas reconnaître. L’exposition à l’impôt sur les successions (estate tax) évolue aussi : New York et le District de Columbia prélèvent leur propre impôt sur les successions avec des seuils d’exonération bien inférieurs au montant fédéral, tandis que la Virginie n’en prélève aucun. Une famille qui quitte Herndon pour Manhattan, ou Washington pour Istanbul, doit faire relire son plan à la lumière des règles de la nouvelle juridiction, y compris les règles de réserve héréditaire (forced heirship) applicables aux biens situés à l’étranger.
Les changements législatifs
Les montants d’exonération fédérale des droits de succession et de donation sont fixés par la loi et indexés sur l’inflation, et le Congrès les réexamine périodiquement. Les plans rédigés à l’époque où l’exonération était bien plus faible contiennent souvent des clauses à formule qui répartissent les biens entre une fiducie conjugale (marital trust) et une fiducie d’abri fiscal (credit shelter trust) d’une manière qui n’a plus de sens et peut laisser au conjoint survivant un accès plus restreint que prévu. Les règles applicables aux comptes de retraite ont sensiblement changé avec le SECURE Act, qui a remplacé l’étalement viager (stretch) pour la plupart des bénéficiaires autres que le conjoint par une distribution sur dix ans. Si votre fiducie est désignée comme bénéficiaire d’un IRA et a été rédigée avant ce changement, elle mérite un nouvel examen.
À quelle fréquence réviser quand rien ne s’est passé
Même sans événement déclencheur, nous conseillons une révision tous les trois à cinq ans. La révision est courte : vérifier que les fiduciaires sont toujours les bonnes personnes et toujours disposés à agir, vérifier que les désignations de bénéficiaires concordent avec le testament et la fiducie (notre article sur les désignations de bénéficiaires et votre testament explique pourquoi elles finissent par diverger), vérifier que la fiducie est alimentée et vérifier que les procurations sont assez récentes pour que les établissements les acceptent. Comparez ce que vous avez avec la liste des documents de planification successorale et notez ce qui manque.
Comment mettre à jour votre plan successoral
Les petites modifications d’un testament peuvent se faire par codicille, signé avec les mêmes formalités que le testament, mais pour tout ce qui dépasse un simple changement de nom, nous recommandons en général un nouveau testament qui révoque l’ancien. Les codicilles multiples favorisent les incohérences et offrent à un héritier déçu matière à contestation. Les modifications d’une fiducie suivent la procédure prévue par l’acte de fiducie. Les désignations de bénéficiaires se modifient directement auprès de chaque établissement, et vous devez conserver la confirmation écrite. Détruisez les originaux remplacés, ou marquez-les comme révoqués, afin que deux documents contradictoires ne refassent pas surface en même temps.
Si vous ne vous souvenez plus de la dernière fois où vous avez relu votre plan successoral, une consultation avec Capitol Law Partners permet d’identifier ce qui a dérivé et ce qui doit changer. Prenez rendez-vous.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis juridique. Cette communication ne crée aucune relation avocat-client.
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