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Qu'est-ce qu'une requête en révision après une décision du BIA ?
Après un rejet par le BIA, la requête en révision devant la cour d'appel est la dernière étape, et elle n'arrête pas à elle seule l'expulsion. Voici comment elle fonctionne.
La requête en révision (petition for review) est le seul moyen d’obtenir qu’un tribunal fédéral examine une mesure d’expulsion, et elle doit être déposée devant la cour d’appel dans les 30 jours suivant la décision de la Commission des recours en matière d’immigration (Board of Immigration Appeals, BIA). Contrairement à un appel devant le BIA, son dépôt n’arrête pas votre expulsion. L’ICE (Service de l’immigration et des douanes) peut exécuter la mesure pendant l’examen de la requête, sauf si la cour accorde un sursis, et c’est pourquoi un avocat expérimenté dépose une demande de sursis le même jour que la requête. Comprendre ce que la cour peut et ne peut pas faire avant le dépôt vous évite de consacrer le délai à un argument que la cour n’a pas le droit d’examiner.
Où et quand déposer une requête en révision
En vertu de l’article 242 de l’INA, la requête en révision est déposée devant la cour d’appel fédérale du circuit dans lequel le juge de l’immigration a clos la procédure, et non là où vous vivez aujourd’hui ni là où vous êtes détenu. Les affaires jugées par les tribunaux d’Arlington ou de Sterling, en Virginie, relèvent du quatrième circuit, et les affaires de New York du deuxième circuit. Le délai de 30 jours est strict et n’est pas prolongé parce que vous avez déposé une requête en réouverture ou en réexamen devant le BIA. Si vous déposez une telle requête, il vous faut une requête en révision distincte contre la décision du BIA qui la tranche, avec son propre délai de 30 jours.
Les tribunaux fédéraux de district n’ont aucun rôle à jouer. Le Congrès a réservé tout contrôle des mesures d’expulsion aux cours d’appel ; une requête en habeas corpus ou une action fondée sur l’APA ne peut donc pas servir à attaquer la mesure d’expulsion elle-même, même si notre pratique en habeas corpus peut toujours contester votre détention devant le tribunal de district pendant l’examen de la requête en révision.
Notre équipe chargée des requêtes en révision et des appels devant le BIA traite les dépôts devant les quatrième et deuxième circuits, où sont jugées la plupart des affaires de nos clients, et inscrit le délai au calendrier à partir de la date de la décision du BIA dès sa réception. Si le BIA a rejeté un appel formé selon la procédure décrite dans notre article sur l’appel d’une décision du juge de l’immigration, la requête en révision est l’étape suivante et la dernière.
Obtenir un sursis à l’expulsion
Une requête en révision déposée à temps ne suspend pas automatiquement l’expulsion. Vous devez demander un sursis à la cour, et le critère, fixé par la Cour suprême dans l’arrêt Nken v. Holder, comporte quatre volets : une démonstration solide de vos chances de succès sur le fond, un préjudice irréparable en cas d’expulsion, la balance des inconvénients entre vous et le gouvernement, et l’intérêt public. Selon Nken, l’expulsion elle-même ne constitue pas automatiquement un préjudice irréparable ; la demande doit donc expliquer concrètement ce que vous perdriez : la séparation d’avec votre famille, l’exposition à la persécution, l’impossibilité de poursuivre la procédure depuis l’étranger.
Certains circuits disposent d’arrangements permanents par lesquels le gouvernement s’engage à ne pas expulser le requérant tant qu’une demande de sursis est pendante, mais ces arrangements varient et doivent être vérifiés pour votre circuit. Dans l’intervalle, les présentations auprès de l’ICE continuent et doivent être honorées, avec un avocat informé du calendrier.
Ce que contrôle la cour d’appel
La cour contrôle le dossier administratif, c’est-à-dire la transcription, les pièces et les décisions du tribunal de l’immigration et du BIA. Elle n’entend pas de témoins et n’accepte pas de nouvelles preuves. Elle n’examine que les questions que vous avez soulevées devant le BIA, car la loi exige l’épuisement des voies de recours administratives. La Cour suprême a jugé dans l’arrêt Santos-Zacaria v. Garland que cette exigence d’épuisement n’est pas une condition de compétence et ne vous oblige pas à demander un réexamen au BIA, mais les questions jamais soumises au BIA restent en général perdues.
Le contrôle est restreint sur les faits et entier sur le droit. Les constatations de fait, y compris sur la crédibilité, sont confirmées si elles reposent sur des preuves substantielles (substantial evidence), ce qui signifie que la cour ne les infirme que si tout décideur raisonnable serait contraint de parvenir à la conclusion inverse. Les questions de droit sont réexaminées entièrement (de novo), avec une certaine déférence envers l’interprétation raisonnable que le BIA donne, dans ses décisions publiées, des termes ambigus de la loi.
Les limites de la compétence de la cour
La loi retire aux tribunaux leur compétence pour certaines catégories de décisions, et ces limites déterminent ce qu’une requête peut faire valoir :
- Les décisions discrétionnaires, comme le refus final d’une annulation d’expulsion, d’un ajustement de statut ou d’une dérogation au titre du pouvoir discrétionnaire, ne peuvent pas être contrôlées.
- Les mesures d’expulsion fondées sur certaines condamnations pénales ne peuvent pas être contrôlées quant aux faits.
- Les mesures d’expulsion accélérée (expedited removal) ne peuvent être contrôlées que dans des circonstances très étroites.
Les moyens constitutionnels et les questions de droit échappent à toutes ces limites. La question de savoir si un ensemble de faits satisfait à un critère juridique, par exemple si les difficultés constatées par le juge atteignent le niveau de difficultés exceptionnelles et extrêmement inhabituelles, est une question de droit que la cour peut contrôler. Notre article sur les conditions de l’annulation d’expulsion explique ce critère, et une requête en révision construite autour du critère juridique plutôt que de la mise en balance des éléments d’équité repose sur une base bien plus solide.
Le déroulement de la procédure et son issue
Après le dépôt, le gouvernement produit le dossier administratif certifié et la cour fixe un calendrier des mémoires. Vous déposez un mémoire initial, le gouvernement répond, et vous pouvez répliquer. De nombreux circuits tiennent des plaidoiries orales dans une partie des affaires d’immigration ; d’autres statuent sur les seuls mémoires. Certains circuits ont aussi des programmes de médiation dans le cadre desquels le gouvernement peut accepter de renvoyer l’affaire au BIA pour corriger une erreur, ce qui peut constituer une victoire plus rapide qu’un arrêt publié.
La cour peut rejeter la requête, laissant la mesure d’expulsion en vigueur ; l’accueillir et renvoyer l’affaire au BIA pour qu’il statue de nouveau conformément à son arrêt ; ou la déclarer irrecevable pour défaut de compétence. Un renvoi n’accorde pas la protection demandée ; il renvoie l’affaire au BIA ou au juge, l’erreur étant corrigée, et le BIA peut de nouveau statuer contre vous pour d’autres motifs. Les délais dépendent entièrement du rôle du circuit, et il n’existe aucun traitement accéléré (premium processing).
Si le BIA a rejeté votre appel au cours des 30 derniers jours, contactez immédiatement Capitol Law Partners afin que la requête en révision et une demande de sursis puissent être déposées avant l’expiration du délai. Prenez rendez-vous.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis juridique. Cette communication ne crée aucune relation avocat-client.
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