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Poursuivre l'USCIS en justice : quand saisir un tribunal fédéral

Vous pouvez poursuivre l'USCIS devant un tribunal fédéral, mais seulement pour certains problèmes : retard, refus entaché d'une erreur de droit, détention ou documents retenus.

Vous pouvez poursuivre l'USCIS devant un tribunal fédéral, mais seulement pour certains problèmes : retard, refus entaché d'une erreur de droit, détention ou documents retenus.

Vous pouvez poursuivre l’USCIS en justice, mais un juge fédéral n’approuvera pas votre green card, ne contrôlera pas une décision discrétionnaire et ne vous accordera pas d’argent pour l’attente. Si vous vous demandez si vous pouvez poursuivre l’USCIS pour le problème auquel vous faites face, la réponse dépend de celui des quatre problèmes dont il s’agit : l’administration n’a pas statué, l’administration a mal statué, l’administration détient une personne, ou l’administration refuse de communiquer des documents. Chacun a sa propre loi, son propre tribunal et ses propres limites. Capitol Law Partners traite ces quatre situations dans le cadre de sa pratique des recours d’immigration, des retards et du contentieux devant les tribunaux fédéraux, et la première tâche, dans chaque dossier, consiste à associer le problème à la bonne action en justice.

Pourquoi il est possible de poursuivre l’USCIS

L’État fédéral ne peut pas être poursuivi sans son consentement. En matière d’immigration, ce consentement découle principalement de l’Administrative Procedure Act (APA), qui lève l’immunité souveraine (sovereign immunity) pour les actions visant autre chose qu’une somme d’argent, comme une injonction d’agir ou l’annulation d’une décision. La compétence fondée sur une question fédérale (federal question jurisdiction), prévue au 28 U.S.C. 1331, vous ouvre l’accès au tribunal fédéral de district (U.S. district court). Le Mandamus Act, 28 U.S.C. 1361, ajoute une voie distincte pour contraindre un fonctionnaire à exécuter une obligation qu’il a envers vous. L’habeas corpus, prévu au 28 U.S.C. 2241, couvre la détention. Le Freedom of Information Act (FOIA) prévoit sa propre attribution de compétence pour les documents.

Aucune de ces lois ne vous permet de réclamer des dommages-intérêts pour les années d’attente. Le remède est une ordonnance : statuer, libérer, communiquer ou réexaminer.

Premier problème : l’USCIS n’a pas statué

Un dossier en attente bien au-delà du délai de traitement affiché peut justifier une action en mandamus et pour retard déraisonnable. La requête désigne le directeur de l’USCIS et le secrétaire à la Sécurité intérieure et demande au tribunal d’ordonner une décision dans un délai déterminé. Les tribunaux apprécient le retard au regard des critères décrits dans notre article sur la manière dont les tribunaux jugent qu’un retard de l’USCIS est déraisonnable. Le gouvernement dispose de 60 jours pour répondre, et l’USCIS statue souvent sur le dossier pendant cette période. Notre page consacrée à l’action en mandamus contre les retards de l’USCIS et des visas précise les formulaires concernés. Une mise en garde, en toute franchise : l’ordonnance impose une décision, pas une approbation. Une demande fragile, forcée à la décision, peut être refusée plus vite qu’elle ne l’aurait été autrement.

Les demandeurs de naturalisation disposent d’un second outil. Si l’USCIS n’a pas statué sur un N-400 dans les 120 jours suivant l’entretien, le 8 U.S.C. 1447(b) permet au demandeur de demander au tribunal de district de statuer lui-même sur la demande ou de la renvoyer avec des instructions.

Deuxième problème : l’USCIS a statué, et la décision est juridiquement erronée

L’APA permet à un tribunal d’annuler une décision administrative arbitraire, capricieuse, constitutive d’un abus de pouvoir discrétionnaire ou contraire à la loi. En pratique, il s’agit d’un refus qui interprète mal la loi, ignore des preuves figurant au dossier ou contredit sans explication les orientations publiées par l’administration elle-même. Le juge examine le dossier dont disposait l’USCIS, et non de nouvelles preuves, et le remède habituel consiste à annuler le refus et à renvoyer le dossier pour une nouvelle décision. Notre article sur le recours APA contre un refus de l’USCIS détaille ce critère.

Deux limites comptent ici. D’abord, le Congrès a soustrait certaines décisions discrétionnaires à tout contrôle, et la Cour suprême a récemment confirmé que la révocation d’une pétition approuvée en fait partie. Ensuite, les refus prononcés en procédure d’expulsion (removal proceedings) passent par la Commission des recours en matière d’immigration (Board of Immigration Appeals, BIA), puis par une requête en révision (petition for review) devant la cour d’appel, et non par une action devant un tribunal de district. L’équipe de contentieux de l’immigration de CLP détermine quelle voie un refus donné permet d’emprunter.

Troisième et quatrième problèmes : détention et documents retenus

Une personne est détenue

Une requête en habeas corpus demande à un juge du district où la personne est détenue de vérifier si la détention est légale et, si elle ne l’est pas, d’ordonner la libération ou une audience de caution. Elle ne tranche pas la procédure d’expulsion. Elle est souvent combinée à une demande de caution devant le juge de l’immigration, et elle avance plus vite que presque toute autre procédure fédérale, car la liberté d’une personne est en jeu.

L’administration refuse de communiquer des documents

Si l’USCIS, l’ICE, le CBP ou le tribunal de l’immigration laisse une demande FOIA sans réponse au-delà du délai légal, vous êtes réputé avoir épuisé les voies de recours administratives et pouvez agir en justice pour obtenir les documents. Le tribunal peut ordonner leur communication et contrôler les caviardages. Comme le dossier détermine souvent si une autre action en justice est judicieuse, celle-ci est fréquemment la première action, et non la dernière.

Ce qu’un tribunal ne peut pas faire

  • Approuver une pétition ou une demande à la place de l’USCIS, hormis l’exception limitée de la naturalisation.
  • Contrôler le refus d’un visa par un agent consulaire ; la doctrine de l’insusceptibilité de contrôle des décisions consulaires (consular nonreviewability) ferme largement cette porte.
  • Contrôler les décisions que la loi laisse au pouvoir discrétionnaire de l’administration, comme la révocation des pétitions.
  • Accorder des dommages-intérêts pour le retard ou pour le coût de l’attente.
  • Suspendre automatiquement l’expulsion ; un sursis doit être demandé séparément dès que l’expulsion constitue un risque.

Avant d’agir

Obtenez votre dossier. Comptez les jours à partir de toute décision, car les délais de recours sont courts et une action en justice ne les suspend pas ; voir notre article sur les délais de recours en immigration après un refus ou une mesure d’expulsion. Faites examiner le fond du dossier sous-jacent par un avocat, car forcer une décision sur une demande fragile revient à une défaite déguisée en victoire. Choisissez ensuite l’action qui correspond au problème, introduisez-la devant un tribunal territorialement compétent et préparez-vous à la première réaction du gouvernement, qui, dans les dossiers de retard, consiste généralement à statuer sur le dossier et, dans les dossiers de refus, à demander le rejet de l’action.

Si l’USCIS a bloqué votre dossier, l’a refusé ou détient un proche, une consultation avec Capitol Law Partners peut vous indiquer quel recours fédéral convient et ce qu’il faudrait pour agir. Prenez rendez-vous.

Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis juridique. Cette communication ne crée aucune relation avocat-client.

Sena Sahin. Des conseils clairs pour les particuliers, les familles et les chefs d’entreprise.

Besoin d’aide sur ce sujet ? Consultez notre page recours d’immigration, retards et tribunaux fédéraux ou prenez rendez-vous.

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