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Un appel en immigration suspend-il l'expulsion pendant son examen ?

Un appel déposé à temps devant le BIA suspend automatiquement l'expulsion. Une requête en révision, une requête en réouverture ou une action fédérale ne la suspend pas.

Un appel déposé à temps devant le BIA suspend automatiquement l'expulsion. Une requête en révision, une requête en réouverture ou une action fédérale ne la suspend pas.

Un appel déposé à temps devant la Commission des recours en matière d’immigration (Board of Immigration Appeals, BIA) suspend automatiquement l’expulsion ; presque rien d’autre ne le fait. Des personnes perdent des années de travail, et parfois le pays lui-même, en supposant que n’importe quel dépôt en cours les protège. Alors, un appel en immigration suspend-il l’expulsion ? Un seul type de recours le fait à lui seul. Pour tous les autres, il faut demander un sursis à l’expulsion (stay of removal) et l’obtenir avant que l’ICE n’agisse. Les avocats de l’équipe de CLP consacrée aux recours d’immigration, aux retards et au contentieux fédéral traitent la question du sursis comme la première question de tout dossier postérieur à une mesure d’expulsion, car un argument juridique gagnant ne vaut pas grand-chose si le client a déjà été expulsé.

Quand un appel en immigration suspend automatiquement l’expulsion

Le dépôt d’un acte d’appel (Notice of Appeal) devant le BIA dans les 30 jours suivant la décision du juge de l’immigration déclenche un sursis automatique en vertu de la réglementation. L’ICE ne peut pas exécuter la mesure d’expulsion tant que l’appel est pendant. Cette protection dure jusqu’à la décision du BIA. Elle ne s’attache qu’à un appel déposé à temps ; un appel déposé le 31e jour est rejeté, et la mesure devient définitive et exécutoire. La même protection automatique s’applique à une requête déposée à temps en annulation d’une mesure rendue par défaut (in absentia), c’est-à-dire la mesure prononcée lorsqu’une personne ne s’est pas présentée à une audience. Le dépôt de cette requête suspend l’expulsion jusqu’à ce que le juge de l’immigration statue.

Les recours qui ne suspendent pas l’expulsion à eux seuls

La liste des recours qui ne suspendent pas l’expulsion est plus longue que la plupart des gens ne l’imaginent.

  • Une requête en révision (petition for review) devant la cour d’appel fédérale. Le Congrès a supprimé le sursis automatique en 1996. Vous devez déposer une requête distincte en sursis auprès de la cour, et le gouvernement peut vous expulser pendant l’examen de cette requête, sauf si la cour ou un arrangement avec le gouvernement en dispose autrement. La pratique varie selon les circuits ; renseignez-vous donc sur les règles applicables là où votre affaire est pendante.
  • Une requête en réouverture ou en réexamen, autre que la requête en annulation d’une mesure rendue par défaut. Vous pouvez demander un sursis au BIA ou au juge de l’immigration en même temps que la requête, mais il est discrétionnaire et prend du temps.
  • Une action en mandamus ou fondée sur l’Administrative Procedure Act (APA) devant un tribunal de district. Ces actions portent sur un retard ou sur le refus d’un bénéfice ; elles n’ont aucun effet sur une mesure d’expulsion, et le tribunal de district n’a généralement aucun pouvoir sur la mesure elle-même.
  • Une requête en habeas corpus. Elle conteste la détention, et non l’expulsion, et un juge qui ordonne la libération n’empêche pas l’ICE d’exécuter ultérieurement une mesure définitive.
  • Une demande pendante auprès de l’USCIS, comme un nouveau I-130 ou I-485, déposée après que la mesure d’expulsion est devenue définitive.

Comment demander un sursis à l’expulsion

Il existe trois instances auprès desquelles le demander, et elles peuvent être saisies en même temps.

Une requête en sursis devant la cour d’appel est examinée selon les quatre critères fixés par la Cour suprême dans l’arrêt Nken v. Holder : une démonstration solide de chances de succès sur le fond, un préjudice irréparable en l’absence de sursis, la mise en balance des préjudices et l’intérêt public. L’expulsion à elle seule ne constitue pas un préjudice irréparable ; la requête doit montrer pourquoi l’expulsion de cette personne causerait un préjudice que la cour ne pourrait pas réparer ultérieurement. Les tribunaux statuent rapidement sur ces requêtes, souvent au vu d’un mémoire bref et d’une déclaration.

Une demande de sursis adressée au BIA ou au juge de l’immigration accompagne une requête en réouverture. L’autorité saisie examine la probabilité que la requête soit accueillie. Une demande de sursis en urgence est possible lorsque l’expulsion est imminente, et le BIA dispose d’un service dédié à ces demandes.

Un sursis administratif de l’ICE se demande sur formulaire I-246, déposé auprès du bureau local qui gère le dossier. Il est entièrement discrétionnaire, donne lieu aux frais de dépôt en vigueur et est généralement accordé pour une durée déterminée pendant qu’une autre procédure est en cours, comme une pétition de visa ou une situation médicale. C’est souvent la voie la plus rapide lorsqu’une requête devant un tribunal n’a pas encore été tranchée.

Ce qui se passe si vous êtes expulsé pendant l’examen de votre dossier

L’expulsion ne met pas automatiquement fin à une requête en révision ou à une requête en réouverture ; de nombreux tribunaux ont jugé que l’affaire pouvait se poursuivre et qu’une victoire pouvait ouvrir à la personne le droit de revenir. Mais la difficulté pratique de plaider depuis l’étranger, et les interdictions de retour déclenchées par l’expulsion elle-même, font qu’il vaut bien mieux prévenir que guérir. C’est pourquoi la requête en sursis est déposée en même temps que l’appel ou la requête en révision, et non après.

Évaluer votre propre situation procédurale

Commencez par déterminer où en est l’affaire : devant le juge de l’immigration, devant le BIA, devant la cour d’appel, ou au-delà de toutes ces étapes avec une mesure définitive. Demandez-vous ensuite si l’un des recours déposés emporte un sursis automatique. Si la réponse est non, une demande de sursis doit être rédigée aujourd’hui. Les délais applicables au recours sous-jacent sont présentés dans notre article sur les délais de recours en immigration après un refus ou une mesure d’expulsion, et le tribunal qui examinera une requête en sursis est expliqué dans notre article sur le tribunal fédéral compétent pour votre dossier d’immigration. Les personnes détenues pendant cette période ont aussi intérêt à comprendre le déroulement de la procédure d’expulsion et à s’appuyer sur notre équipe de défense contre l’expulsion.

Si vous faites l’objet d’une mesure d’expulsion et qu’un recours est pendant, une consultation avec Capitol Law Partners peut confirmer si quelque chose empêche réellement l’expulsion et, si ce n’est pas le cas, lancer une demande de sursis. Prenez rendez-vous.

Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis juridique. Cette communication ne crée aucune relation avocat-client.

Sena Sahin. Des conseils clairs pour les particuliers, les familles et les chefs d’entreprise.

Besoin d’aide sur ce sujet ? Consultez notre page recours d’immigration, retards et tribunaux fédéraux ou prenez rendez-vous.

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