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Quelles décisions de l'USCIS un tribunal fédéral peut-il contrôler ?

Les tribunaux fédéraux peuvent contrôler les refus de l'USCIS fondés sur l'admissibilité, mais le Congrès a protégé les révocations, les décisions discrétionnaires et les refus consulaires.

Les tribunaux fédéraux peuvent contrôler les refus de l'USCIS fondés sur l'admissibilité, mais le Congrès a protégé les révocations, les décisions discrétionnaires et les refus consulaires.

Un tribunal fédéral peut contrôler un refus de l’USCIS selon lequel vous n’avez pas prouvé votre admissibilité. Il ne peut généralement pas contrôler une décision que le Congrès a laissée au pouvoir discrétionnaire de l’administration, et la Cour suprême a récemment confirmé que la révocation d’une pétition approuvée se situe du côté non contrôlable de cette ligne. Avant de dépenser quoi que ce soit pour une action en justice, la première question est de savoir si la décision fait partie des décisions de l’USCIS qu’un tribunal fédéral peut contrôler. La réponse dépend de la loi qui régit la décision, de ce que l’administration a réellement décidé et du stade procédural de l’affaire. Capitol Law Partners examine ce point pour chaque action envisagée au sein de son équipe de contentieux de l’immigration, car un rejet pour incompétence est une perte totale.

Le point de départ : une décision administrative définitive

L’Administrative Procedure Act (APA) permet le contrôle d’une décision administrative définitive (final agency action) pour laquelle il n’existe aucun autre recours juridictionnel adéquat. Un refus est définitif. Une demande de preuves complémentaires (request for evidence), un avis d’intention de refus (notice of intent to deny) ou un dossier en attente ne le sont pas ; dans ces cas, le remède est une réponse ou, si le dossier est bloqué, une action pour retard, comme l’explique notre article sur la manière dont les tribunaux jugent qu’un retard de l’USCIS est déraisonnable. Les approbations ne peuvent pas être contestées par le bénéficiaire, qui n’a aucun grief à faire valoir, ni, dans la plupart des cas, par qui que ce soit d’autre.

Les décisions de l’USCIS qu’un tribunal fédéral peut généralement contrôler

Les refus fondés sur des conditions d’admissibilité fixées par la loi ou la réglementation constituent le cœur du champ contrôlable. Lorsque l’USCIS refuse un I-140 parce qu’il estime que le bénéficiaire ne possède pas de capacités extraordinaires, refuse un I-129 parce que le poste n’est pas une profession spécialisée (specialty occupation), ou refuse un I-130 parce qu’il juge que le mariage n’est pas sincère, il applique des critères juridiques à des faits, et un tribunal peut vérifier s’il l’a fait légalement. Dans l’arrêt Kucana v. Holder, la Cour suprême a clairement indiqué que l’interdiction légale de contrôler les décisions discrétionnaires ne vise que le pouvoir discrétionnaire conféré par la loi, et non celui que l’administration s’est attribué par voie réglementaire, ce qui laisse la plupart des décisions d’admissibilité ouvertes au contrôle.

La naturalisation bénéficie de dispositions propres et favorables. Le demandeur refusé qui a mené à terme l’audience N-336 peut demander un réexamen complet (de novo) devant le tribunal de district, où le juge statue à nouveau sur l’admissibilité, et le demandeur dont le dossier reste en attente plus de 120 jours après l’entretien peut demander au tribunal d’intervenir.

Les décisions que le Congrès a soustraites au contrôle

L’article 1252(a)(2)(B) du titre 8 retire aux tribunaux toute compétence sur deux catégories : les décisions relatives à certaines formes de protection, notamment l’ajustement de statut (adjustment of status) et l’annulation d’expulsion (cancellation of removal), et toute autre décision ou mesure que la loi place dans le pouvoir discrétionnaire du secrétaire à la Sécurité intérieure ou de l’Attorney General.

C’est dans la seconde catégorie que se situent les révocations de pétitions. La loi sur la révocation dispose que le secrétaire peut révoquer l’approbation d’une pétition pour ce qu’il estime être un motif valable et suffisant. Dans l’arrêt Bouarfa v. Mayorkas, rendu fin 2024, la Cour suprême a jugé à l’unanimité que cette formulation rend la révocation discrétionnaire et donc insusceptible de contrôle juridictionnel, même lorsque la révocation repose sur un motif qui aurait été contrôlable s’il avait fondé un refus initial. Pour les employeurs et les familles titulaires de pétitions approuvées, la leçon pratique est que la bataille contre une révocation se mène au stade de l’avis d’intention de révocation (notice of intent to revoke), dans la réponse adressée à l’USCIS, et non plus tard devant un tribunal.

La première catégorie soulève une question plus délicate pour les refus d’ajustement de statut prononcés par l’USCIS en dehors d’une procédure d’expulsion. Les tribunaux sont divisés sur le point de savoir si l’interdiction couvre ces refus ou seulement les décisions prises en procédure d’expulsion, et l’interprétation de cette disposition par la Cour suprême dans l’arrêt Patel v. Garland, qui a exclu le contrôle des constatations de fait sous-tendant une protection discrétionnaire dans les affaires d’expulsion, a renforcé la position du gouvernement. Considérez le contrôle d’un refus de I-485 comme incertain et dépendant du tribunal saisi tant que votre avocat n’a pas vérifié l’état du droit dans votre circuit.

Les décisions consulaires

Les refus de visa prononcés par les agents consulaires ne sont pas des décisions de l’USCIS, mais la question se pose constamment. La doctrine de l’insusceptibilité de contrôle des décisions consulaires (consular nonreviewability) signifie que les tribunaux ne contrôlent pas le bien-fondé d’un refus. Ce qui peut être contrôlable, c’est le fait qu’un agent ne statue pas du tout, et c’est le raisonnement qui sous-tend les actions relatives au traitement administratif 221(g).

La procédure d’expulsion change l’instance compétente

Si votre refus est intervenu dans une procédure d’expulsion (removal proceedings), ou y est lié, le tribunal de district n’est généralement pas le bon endroit. Le contrôle d’une mesure d’expulsion et de la plupart des décisions prises dans ce cadre passe par la Commission des recours en matière d’immigration (Board of Immigration Appeals, BIA), puis par une requête en révision (petition for review) devant la cour d’appel, où les griefs constitutionnels et les questions de droit restent contrôlables, même pour une protection discrétionnaire. La vue d’ensemble présentée sur notre page consacrée aux recours d’immigration, aux retards et aux tribunaux fédéraux indique quelle instance traite quelle décision.

Une liste de vérification pratique

  • Identifiez la loi en vertu de laquelle l’USCIS a agi et vérifiez si son texte emploie des termes discrétionnaires.
  • Demandez-vous si la décision est un refus fondé sur l’admissibilité ou une appréciation discrétionnaire portant sur un dossier par ailleurs admissible.
  • Vérifiez s’il s’agit d’une révocation ; dans ce cas, la voie judiciaire est presque certainement fermée.
  • Déterminez si une procédure d’expulsion est en cours, ce qui fait basculer l’affaire vers la requête en révision.
  • Assurez-vous que la décision est définitive et que le dossier contient vos arguments juridiques, car le contrôle est limité au dossier administratif.

Si l’USCIS a refusé ou révoqué une pétition et que vous voulez savoir si un tribunal peut examiner l’affaire, une consultation avec Capitol Law Partners peut vous donner une réponse sur la compétence avant que vous ne vous engagiez. Prenez rendez-vous.

Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis juridique. Cette communication ne crée aucune relation avocat-client.

Sena Sahin. Des conseils clairs pour les particuliers, les familles et les chefs d’entreprise.

Besoin d’aide sur ce sujet ? Consultez notre page contentieux de l’immigration et contestation des refus ou prenez rendez-vous.

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