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Une fiducie (trust) ou une procuration peut-elle éviter une curatelle ?

Une procuration durable et une fiducie révocable alimentée, signées tant que la capacité demeure, évitent la curatelle à la plupart des familles. Le fonctionnement de chacun.

Une procuration durable et une fiducie révocable alimentée, signées tant que la capacité demeure, évitent la curatelle à la plupart des familles. Le fonctionnement de chacun.

Oui. Dans la plupart des familles, une procuration durable (durable power of attorney) et une fiducie révocable alimentée (funded revocable trust), signées pendant que la personne est encore capable, permettent d’éviter une curatelle (conservatorship), et ce complètement. La raison est simple : un tribunal ne nomme un curateur que lorsque personne d’autre n’a le pouvoir de gérer les biens de la personne. Si un mandataire désigné dans une procuration ou un fiduciaire successeur détient déjà ce pouvoir, le tribunal n’a rien à faire. La planification doit intervenir avant la perte de capacité, les documents doivent être assez larges pour couvrir ce qui se présente réellement, et la fiducie doit être alimentée, pas seulement signée. Voici comment fonctionne chaque outil, où chacun échoue, et pourquoi certaines familles finissent malgré tout devant le tribunal.

Pourquoi il vaut la peine d’éviter une curatelle

Une curatelle n’est pas une mauvaise issue ; c’est un filet de sécurité. Mais c’est un filet coûteux et lent. La requête exige une évaluation de la capacité, une notification aux proches, un tuteur ad litem (guardian ad litem) ou un évaluateur judiciaire, et une audience. Le curateur constitue une caution, dépose un inventaire, puis des comptes annuels qu’examine un commissaire ou un examinateur. L’autorisation du tribunal est nécessaire pour vendre un bien immobilier ou faire des donations. Le dossier est public, et la personne au centre de la procédure perd le droit de gérer son propre argent. Notre page consacrée à la curatelle énumère ce que la fonction exige année après année. Chacune de ces étapes peut être évitée grâce à des documents qui coûtent une fraction d’une seule audience contestée.

La procuration durable

Une procuration durable désigne un mandataire chargé des questions financières et reste en vigueur après la perte de capacité du mandant. C’est le document le plus utile à cette fin, et celui qui est le plus souvent rédigé de façon trop étroite. Une bonne procuration remplit cinq fonctions :

  • Elle confère des pouvoirs étendus sur les comptes, les biens immobiliers, les régimes de retraite, les impôts, les assurances et les actifs numériques, en employant les termes précis que recherchent les établissements financiers et l’IRS.
  • Elle désigne au moins un mandataire successeur, afin que le document survive au décès ou à l’indisponibilité du premier mandataire.
  • Elle traite des donations, en précisant si le mandataire peut en faire, à qui et pour quels montants, car le pouvoir de donner n’est jamais présumé.
  • Elle désigne la personne que le mandant souhaite voir nommée curateur ou tuteur si une procédure judiciaire devient un jour nécessaire. Les tribunaux respectent généralement cette désignation, ce qui évite à la famille de se disputer sur le choix de la personne.
  • Elle est signée selon les formalités exigées par l’État, et elle est soit établie sur un modèle que les établissements reconnaissent, soit accompagnée d’une attestation qui facilite son acceptation.

Les points faibles du document sont l’acceptation et les abus. Une banque peut rechigner devant un modèle ancien ou provenant d’un autre État, et un mandataire qui détourne des fonds ne peut être arrêté que par le mandant, qui n’est peut-être plus en mesure d’agir, ou par un tribunal. Ces deux problèmes mènent tout droit à la procédure que le document devait éviter. La comparaison présentée dans tutelle ou procuration explique comment les tribunaux traitent une procuration qui existe mais ne fonctionne pas.

La fiducie révocable alimentée

Une fiducie révocable de son vivant (revocable living trust) désigne la personne comme fiduciaire initial et prévoit un fiduciaire successeur qui prend le relais en cas d’incapacité ou de décès. Comme c’est la fiducie, et non la personne, qui possède les biens, il n’y a aucun transfert de contrôle à faire superviser par un tribunal : le fiduciaire successeur prend simplement le relais, généralement sur la base d’une lettre d’un médecin confirmant l’incapacité, et gère les biens de la fiducie selon les conditions fixées par la personne.

Le mot qui compte est « alimenté ». Une fiducie ne contrôle que ce qui a été transféré à son nom : la maison par un acte de transfert, le compte-titres par l’intitulé du compte, les comptes bancaires par la fiche de signature. Une fiducie non alimentée n’est qu’une pile de papier. Les familles découvrent régulièrement, au pire moment, que la maison n’a jamais été transférée à la fiducie, et une curatelle devient alors nécessaire pour ce seul bien. Les comptes de retraite ne peuvent pas être transférés dans une fiducie du vivant de la personne et doivent être gérés par le biais de la procuration. La page consacrée à la planification successorale et à la protection des actifs décrit comment une fiducie s’inscrit dans le plan d’ensemble.

Les outils secondaires qui aident à la marge

Un représentant-payeur (representative payee), désigné par la Social Security Administration, gère les revenus de prestations sans aucune intervention du tribunal. Les comptes joints permettent à un enfant de confiance de payer les factures, mais ils exposent les fonds aux créanciers de cet enfant et peuvent provoquer des disputes entre frères et sœurs après le décès ; réservez-les donc à un compte de fonctionnement modeste, et non aux économies de toute une vie. Les désignations de bénéficiaires et les enregistrements avec transfert au décès (transfer-on-death) évitent la procédure successorale (probate) après le décès, mais n’ont aucun effet pendant une incapacité. Aucun de ces outils ne remplace une procuration ; ils la complètent.

Quand ces outils ne suffisent pas à éviter une curatelle

Même des familles bien préparées finissent par déposer une requête dans quelques situations. La personne a refusé de signer quoi que ce soit lorsqu’elle le pouvait, ou a signé des documents alors que sa capacité était déjà douteuse, ce qui ouvre la porte à une contestation. Le mandataire ou le fiduciaire est lui-même le problème, et seul un tribunal peut le révoquer et récupérer ce qui a été pris. Un bien se trouve hors de la fiducie et la procuration ne l’atteint pas, ou un établissement refuse de l’accepter. Un procès ou une transaction exige un fiduciaire nommé par le tribunal (court-appointed fiduciary). Ou bien la famille est si divisée que le mandataire ne peut pas agir sans être poursuivi, et un curateur contrôlé par le tribunal est la seule solution que tous accepteront.

Dans ces cas, la planification reste utile : une clause de désignation indique au tribunal qui doit être nommé, et une fiducie qui détient la plupart des biens limite l’ampleur de la curatelle. Le critère appliqué par le tribunal est expliqué dans ce qu’est une curatelle et quand elle est nécessaire, et l’ensemble des autres documents relève de la planification successorale au sens large.

Tout dépend de la capacité

Tout ce qui précède repose sur un seul fait : la personne qui signe les documents doit comprendre ce qu’elle signe le jour de la signature. Une légère perte de mémoire ne l’en empêche pas ; une démence avancée, si. Si la capacité d’un parent décline, la fenêtre de planification se referme, et la bonne décision est un rendez-vous ce mois-ci plutôt qu’une requête l’an prochain.

Si vous souhaitez éviter une curatelle pour vous-même ou pour un parent et avez besoin que les documents soient rédigés et la fiducie alimentée correctement, une consultation avec Capitol Law Partners permet de mettre en place le plan. Prenez rendez-vous.

Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis juridique. Cette communication ne crée aucune relation avocat-client.

Sena Sahin. Des conseils clairs pour les particuliers, les familles et les chefs d’entreprise.

Besoin d’aide sur ce sujet ? Consultez notre page alternatives à la curatelle et requêtes en curatelle ou prenez rendez-vous.

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