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Examen final au fond EB-1A : en quoi consiste la seconde étape ?

Remplir trois critères n'est que la première étape. La seconde demande si l'ensemble du dossier démontre une reconnaissance durable. Comment l'USCIS applique l'examen Kazarian.

Remplir trois critères n'est que la première étape. La seconde demande si l'ensemble du dossier démontre une reconnaissance durable. Comment l'USCIS applique l'examen Kazarian.

La plupart des pétitions EB-1A refusées ne l’ont pas été parce que les critères n’étaient pas remplis. Elles ont été refusées lors de l’examen final au fond (final merits determination), la seconde étape de l’analyse que l’USCIS applique depuis l’arrêt Kazarian v. USCIS : l’agent y met de côté la liste des critères et se demande si l’ensemble du dossier démontre une reconnaissance nationale ou internationale durable et une place parmi le petit pourcentage situé au sommet du domaine. Les pétitionnaires qui se préparent à la première étape mais pas à la seconde sont ceux qui reçoivent une décision reconnaissant trois critères et refusant tout de même le dossier. Notre page consacrée à la green card EB-1A pour capacité extraordinaire décrit les dix critères ; cet article porte sur ce qui se passe une fois que vous les remplissez.

D’où vient l’examen final au fond

Le 8 CFR 204.5(h)(3) énumère dix critères et prévoit que le pétitionnaire doit en remplir au moins trois. Pendant des années, les agents en ont déduit que chaque élément de preuve devait démontrer à lui seul une capacité extraordinaire, ce qui rendait les critères presque impossibles à satisfaire. Dans l’arrêt Kazarian v. USCIS, la cour d’appel fédérale du neuvième circuit (Ninth Circuit) a rejeté cette approche et séparé deux questions : d’abord, les preuves remplissent-elles les termes mêmes de chaque critère ; ensuite, le pétitionnaire a-t-il démontré une capacité extraordinaire au sens où la loi et la réglementation la définissent ? L’USCIS a repris ce cadre en deux étapes dans ses orientations (policy guidance) et l’applique dans chaque dossier EB-1A, ainsi que dans les dossiers EB-1B.

Conséquence pratique : les critères sont devenus plus faciles à remplir sur le papier, et la véritable bataille s’est déplacée vers la seconde étape.

Ce que l’USCIS apprécie lors de la seconde étape

Lors de l’examen final au fond d’un dossier EB-1A, l’agent réexamine les mêmes preuves, cette fois sous l’angle qualitatif. Il se demande notamment :

  • Prix : étaient-ils attribués sur concours, de portée nationale ou internationale, et décernés pour l’excellence dans le domaine, ou s’agissait-il de distinctions internes, régionales ou de niveau étudiant ?
  • Presse : de grands médias ou des publications professionnelles ont-ils écrit sur vous et vos travaux, ou êtes-vous apparu dans une liste, une mention en passant ou un contenu payant ?
  • Évaluation : avez-vous relu occasionnellement pour des revues et des conférences, comme le font beaucoup de chercheurs, ou avez-vous exercé un rôle sélectif qui reflète votre stature ?
  • Contributions : d’autres ont-ils cité vos travaux, pris une licence, les ont-ils adoptés ou s’en sont-ils servis comme base, et cela peut-il être démontré par des données plutôt que par des adjectifs ?
  • Fonctions et rémunération : avez-vous joué un rôle déterminant au sein d’une organisation dont la réputation distinguée est documentée, et votre rémunération est-elle élevée par rapport à des données salariales fiables pour votre domaine et votre région ?

L’agent vérifie aussi que la reconnaissance est durable. Un pic d’attention il y a cinq ans, suivi du silence, soulève la question de savoir si vous êtes toujours au sommet du domaine aujourd’hui. L’agent tient compte enfin du domaine lui-même : la comparaison se fait avec les autres membres de votre domaine, de sorte que la façon dont vous le définissez compte.

Pourquoi les pétitions échouent à ce stade

Le schéma le plus courant est un dossier bon selon tout critère ordinaire, mais qui se lit comme celui d’un professionnel productif typique. Un chercheur comptant vingt publications, des citations modestes, une activité d’évaluation courante et des lettres de collaborateurs remplit trois critères sans démontrer de reconnaissance. Un fondateur à la tête d’une société financée, avec une couverture de presse locale et un salaire élevé, remplit trois critères sans démontrer de reconnaissance. La pétition a traité les critères comme un objectif, et non comme le vocabulaire d’une argumentation sur la stature.

Un deuxième schéma tient à la faiblesse des preuves comparatives. La réglementation demande si vous faites partie du petit pourcentage situé au sommet, ce qui suppose une comparaison ; pourtant, beaucoup de pétitions ne contiennent rien qui situe le bénéficiaire par rapport à ses pairs : aucun percentile de citations, aucun classement, aucun taux de sélection pour un prix, aucune donnée salariale. Sans comparaison, l’agent n’a aucune base pour conclure que vous êtes au sommet du domaine.

Un troisième schéma consiste à faire porter aux lettres le travail que devraient accomplir les documents. Notre article sur ce qui fait la force d’une lettre de recommandation explique pourquoi les lettres interprètent les preuves au lieu de les remplacer.

Bâtir un dossier qui franchit la seconde étape

Commencez par rédiger l’argumentation de l’examen final au fond, avant même de rattacher les pièces aux critères. Expliquez en deux paragraphes pourquoi une personne extérieure bien informée conviendrait que vous êtes au sommet de votre domaine. Si vous n’y parvenez pas, la pétition est prématurée, et un visa O-1A ou une dérogation EB-2 dans l’intérêt national (National Interest Waiver) peut constituer la bonne étape, le temps que le dossier mûrisse.

Rassemblez ensuite des preuves comparatives pour chaque critère invoqué : taux de sélection des prix, chiffres de diffusion de la presse, données de citations rapportées à la moyenne du domaine, preuves d’adoption des contributions et enquêtes salariales pour la rémunération. Notre liste des preuves EB-1A recense les documents critère par critère. Définissez le domaine avec précision et de façon cohérente : un domaine étroit aide à démontrer une place au sommet, mais expose à l’objection qu’il a été taillé sur mesure.

Enfin, documentez une reconnaissance durable jusqu’à la date de dépôt. Des invitations, des citations et une couverture médiatique récentes montrent que la reconnaissance se poursuit, et la réglementation exige que vous continuiez à travailler dans votre domaine aux États-Unis. La présentation des visas talents et capacités extraordinaires du cabinet décrit les solutions de rechange si votre dossier n’est pas encore à la hauteur.

Si vous souhaitez un avis franc sur la capacité de votre dossier à franchir l’examen final au fond de l’EB-1A, Capitol Law Partners l’examinera et vous dira ce qui manque. Prenez rendez-vous.

Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis juridique. Cette communication ne crée aucune relation avocat-client.

Cagatay Ersoy. Une stratégie concrète pour les fondateurs, les investisseurs et les entreprises en croissance.

Besoin d’aide sur ce sujet ? Consultez notre page green card EB-1A pour capacité extraordinaire ou prenez rendez-vous.

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