· Business Immigration Law · 6 min read
EB-1A, EB-1B ou EB-1C : quelle catégorie choisir ?
Toutes trois dispensent de la certification de travail, mais diffèrent sur qui dépose, ce qui est évalué et la portabilité du dossier. Un comparatif pour bien choisir.
Les trois sous-catégories EB-1 partagent un niveau de préférence, un formulaire et une dispense de certification de travail PERM (labor certification), et presque rien d’autre. Choisir entre EB-1A, EB-1B ou EB-1C revient en réalité à décider qui dépose la pétition, ce que l’USCIS évalue et dans quelle mesure votre dossier dépend d’un seul employeur. Choisissez la mauvaise et vous risquez de passer des mois à documenter une reconnaissance dont vous n’aviez pas besoin, ou de passer par un employeur alors que vous auriez pu déposer seul. Notre page consacrée à la green card EB-1 de première préférence résume les trois ; cet article détaille la décision.
Qui dépose la pétition : le premier filtre
L’EB-1A est la seule sous-catégorie EB-1 que vous pouvez déposer vous-même. Le formulaire I-140 vous désigne à la fois comme pétitionnaire et comme bénéficiaire, et aucun employeur, aucune offre d’emploi ni certification de travail n’est exigé ; vous devez toutefois démontrer que vous continuerez à travailler dans votre domaine aux États-Unis.
L’EB-1B est déposée par un employeur : une université ou un établissement d’enseignement supérieur qui offre un poste d’enseignant titulaire ou en voie de titularisation (tenure-track) ou un poste de recherche permanent comparable, ou un employeur privé dont le département de recherche emploie au moins trois chercheurs à temps plein et justifie de réalisations documentées dans le domaine.
L’EB-1C est déposée par une société américaine qui exerce son activité depuis au moins un an et qui est la société mère, la filiale, la société affiliée ou la succursale de la société étrangère pour laquelle vous avez travaillé. Si aucun employeur admissible n’accepte de signer, l’EB-1A est votre seule voie EB-1, quelle que soit la solidité de votre expérience de gestion.
Ce que l’USCIS évalue en EB-1A, EB-1B ou EB-1C
EB-1A : le sommet absolu du domaine
Vous devez démontrer une reconnaissance nationale ou internationale durable et un parcours qui vous place parmi le petit pourcentage situé au sommet du domaine, au moyen d’un prix majeur reconnu internationalement ou d’au moins trois des dix critères, puis franchir un examen final au fond (final merits determination) selon l’arrêt Kazarian v. USCIS. La reconnaissance constitue tout le dossier. Les critères figurent sur notre page consacrée à la green card EB-1A pour capacité extraordinaire.
EB-1B : une reconnaissance internationale comme chercheur remarquable
Vous devez être reconnu internationalement comme remarquable dans un domaine universitaire précis, justifier d’au moins trois ans d’expérience d’enseignement ou de recherche et documenter au moins deux des six critères, là encore suivis d’un examen final au fond. Le seuil est plus bas qu’en EB-1A, mais la catégorie est réservée aux universitaires et aux chercheurs, et l’offre d’emploi fait partie du critère. Pour un chercheur qui hésite entre les deux, notre article sur l’EB-1B ou l’EB-1A pour les chercheurs va plus loin.
EB-1C : le lien entre les sociétés et les fonctions exercées
La renommée n’entre pas en ligne de compte. Vous devez avoir travaillé à l’étranger pour la société liée, dans des fonctions de gestion ou de direction, pendant au moins un an au cours des trois années précédant votre mutation (ou précédant votre dernière admission aux États-Unis, si vous y travaillez déjà pour le même employeur), et le poste américain doit lui aussi relever de la gestion ou de la direction. Le dossier repose sur les organigrammes, sur le lien admissible entre les entités et sur la question de savoir si vos fonctions consistent réellement à gérer des personnes ou une fonction plutôt qu’à effectuer le travail vous-même. La page consacrée à la green card EB-1C des cadres de multinationales présente cette catégorie.
La portabilité et la dépendance envers l’employeur
C’est sur ce point que les pétitionnaires évaluent le plus souvent mal le compromis.
- Une EB-1A approuvée vous appartient. Vous pouvez changer d’emploi, de ville ou travailler à votre compte, tant que vous restez dans votre domaine.
- Une EB-1B ou une EB-1C approuvée appartient à l’employeur. Avant l’approbation, l’employeur peut la retirer. Une fois qu’elle est approuvée depuis 180 jours, un retrait n’entraîne plus sa révocation automatique et vous conservez la date de priorité, mais un nouvel employeur ne peut pas l’utiliser pour mener votre green card à terme, sauf si votre formulaire I-485 est en instance depuis au moins 180 jours et que le nouveau poste est identique ou similaire.
- Dans les deux catégories déposées par un employeur, celui-ci doit prouver sa capacité à verser le salaire proposé à compter de la date de priorité.
Si vous prévoyez de changer d’employeur avant la délivrance de la green card, cela plaide en faveur de l’EB-1A, ou de l’association d’une pétition d’employeur et d’une auto-pétition.
La charge de la preuve et le risque
L’EB-1A présente le risque de refus le plus élevé, parce que le critère de l’examen final au fond est exigeant et parce que beaucoup de pétitionnaires déposent sur la base d’un parcours bon plutôt qu’extraordinaire. L’EB-1B échoue le plus souvent sur l’offre d’emploi : un contrat postdoctoral assorti d’une date de fin, ou un employeur privé incapable de justifier de trois chercheurs à temps plein. L’EB-1C échoue le plus souvent sur les fonctions : un gestionnaire qui n’encadre aucun personnel qualifié ou dont les journées sont consacrées à des tâches opérationnelles, ou un petit bureau américain dont la structure ne justifie pas un rôle de direction. Documenter le bon élément pour la bonne catégorie représente l’essentiel du travail.
Un raisonnement simple pour décider
Posez les questions dans cet ordre. Une multinationale pour laquelle vous avez exercé des fonctions de gestion à l’étranger souhaite-t-elle vous muter ici dans un rôle de gestion ou de direction ? Si oui, c’est l’EB-1C, et la renommée n’entre jamais en jeu. Une université ou un employeur de recherche vous a-t-il offert un poste de recherche permanent ou un poste tenure-track, et justifiez-vous de trois ans d’expérience ? Si oui, c’est l’EB-1B, souvent associée à une auto-pétition. Sinon, ou si vous souhaitez une pétition qui survive à un changement d’emploi, confrontez honnêtement votre parcours aux critères EB-1A et envisagez la dérogation EB-2 dans l’intérêt national (National Interest Waiver) comme alternative ou comme dépôt complémentaire.
Si vous ne savez pas si l’EB-1A, l’EB-1B ou l’EB-1C correspond à votre situation, Capitol Law Partners peut évaluer votre parcours et la position de votre employeur, puis vous recommander une voie. Prenez rendez-vous.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis juridique. Cette communication ne crée aucune relation avocat-client.
Cagatay Ersoy. Une stratégie concrète pour les fondateurs, les investisseurs et les entreprises en croissance.
Besoin d’aide sur ce sujet ? Consultez notre page green card EB-1 de première préférence ou prenez rendez-vous.