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Qu'est-ce qu'un commerce substantiel pour le visa E-1 ?

Le commerce E-1 n'est soumis à aucun minimum en dollars. Les agents évaluent le volume, la fréquence et la part de votre commerce international menée avec un seul pays signataire.

Le commerce E-1 n'est soumis à aucun minimum en dollars. Les agents évaluent le volume, la fréquence et la part de votre commerce international menée avec un seul pays signataire.

Le commerce substantiel (substantial trade) exigé pour le visa E-1 n’est soumis à aucun seuil en dollars. C’est le premier point à comprendre, et il joue dans les deux sens. Une société modeste peut être admissible si elle commerce régulièrement, et une société titulaire d’un seul gros contrat peut échouer, car une transaction unique ne constitue pas un flux. Les agents consulaires se demandent s’il existe un courant continu d’échanges internationaux comportant de nombreuses transactions dans la durée, et si plus de la moitié du commerce international de la société se fait entre les États-Unis et le pays signataire du traité. Notre page consacrée au visa E-1 de négociant de traité couvre le reste du dossier ; cet article explique comment chaque critère s’applique en pratique et quels documents y répondent.

Aucun minimum, mais un flux continu

Les instructions du Département d’État définissent le commerce substantiel comme un flux continu d’échanges internationaux d’une certaine ampleur, comportant de nombreuses transactions dans la durée. Trois idées se cachent dans cette formule.

Le commerce doit être continu. Une série d’expéditions le mois précédant l’entretien donne l’impression d’avoir été organisée pour le visa. Les agents préfèrent un historique qui montre le même schéma trimestre après trimestre.

Il doit être d’une certaine ampleur, ce que les agents apprécient au regard du type d’activité. Un importateur d’épicerie fine et un distributeur de machines n’affichent pas les mêmes chiffres, et l’agent le sait.

Enfin, il doit comporter de nombreuses transactions. Selon les instructions, un poids plus important est accordé aux échanges plus nombreux et de plus grande valeur, mais lorsque deux sociétés réalisent le même total, celle qui compte de nombreuses transactions se présente généralement mieux que celle qui n’en compte qu’une poignée. Pour les petites entreprises, les agents vérifient aussi si les revenus tirés du commerce suffisent à faire vivre le négociant et sa famille.

Rien de tout cela ne peut être apprécié tant que le commerce n’existe pas. L’E-1 n’est pas ouvert à une entreprise qui prévoit de commencer à commercer. Notre présentation des conditions du visa E-1 de négociant de traité traite de cette règle du commerce existant, ainsi que de la nationalité et de la détention du capital.

Le critère du commerce principal : plus de 50 %

Le second critère porte sur l’orientation des échanges. Plus de 50 % du commerce international du négociant doit se faire entre les États-Unis et le pays signataire.

Le dénominateur ne comprend que le commerce international. Les ventes intérieures aux États-Unis ne sont pas du tout prises en compte. Une société peut donc vendre à longueur de journée des produits importés à des clients américains, exploiter en parallèle une importante activité de services locale, et satisfaire tout de même au critère, tant que l’essentiel de ses échanges transfrontaliers se fait avec le pays signataire.

Un exemple chiffré aide à comprendre. Une société américaine détenue par des ressortissants espagnols importe de l’huile d’olive et de la céramique. Au cours de l’année écoulée, ses importations en provenance d’Espagne ont représenté l’essentiel de son volume d’importation, une part plus faible est venue d’Italie, et une petite activité d’exportation a été dirigée vers le Mexique. Additionnez ces trois flux internationaux. Si le flux espagnol dépasse la moitié du total, la société satisfait au critère. Si le fournisseur italien prenait une importance comparable à celle du fournisseur espagnol, la société pourrait échouer alors même que son activité prospère.

Les services suivent la même logique. Une filiale américaine d’un cabinet d’ingénierie allemand qui facture des travaux de conception échangés avec l’Allemagne, et parfois avec des clients autrichiens, mesure la part allemande de son chiffre d’affaires transfrontalier en services. Nous préparons généralement une synthèse du commerce pays par pays, pour que l’agent n’ait pas à faire ce calcul au guichet.

Les documents qui prouvent un commerce substantiel

L’agent ne peut pas voir votre commerce. Vous devez le lui montrer, et les meilleures preuves sont les documents ordinaires du commerce international :

  • factures commerciales et bons de commande, classés par date et par pays
  • connaissements, lettres de transport aérien et documents d’entrée en douane américains
  • confirmations de virement et relevés bancaires montrant le paiement de chaque expédition ou prestation
  • contrats-cadres, contrats de distribution ou contrats de prestation de services
  • une synthèse comptable établie par votre expert-comptable, qui totalise le commerce par pays et par période

Apportez des échantillons, pas tout. Une sélection bien organisée accompagnée d’une synthèse claire est plus efficace qu’un carton de factures non indexées. Vérifiez que la synthèse renvoie aux documents sous-jacents ; il arrive que les agents contrôlent une ligne au hasard.

Les problèmes qui font échouer les dossiers E-1

Le problème le plus fréquent est un commerce trop récent. Une société qui a commencé à importer il y a quelques mois peut avoir de vraies transactions sans encore présenter de schéma régulier. Attendre un peu plus longtemps, ou demander un autre statut dans l’intervalle, peut être plus sage que déposer trop tôt et essuyer un refus.

Un autre problème tient à l’acheminement. Si des marchandises du pays signataire arrivent aux États-Unis par l’intermédiaire d’un distributeur situé dans un pays tiers, l’agent peut estimer que le commerce a lieu entre la société américaine et ce distributeur. Les contrats et les documents d’expédition doivent faire apparaître le pays signataire comme cocontractant lorsque c’est la réalité.

La détention du capital peut aussi ruiner un bon historique commercial. Si les ressortissants du pays signataire détiennent moins de la moitié de la société, ou si certains associés sont devenus citoyens américains ou titulaires de green card, la société peut perdre sa nationalité du traité. Vérifiez la table de capitalisation avant de vérifier les factures.

Enfin, n’oubliez pas que chaque renouvellement réexamine le commerce. Si la part du pays signataire passe sous la moitié, ou si le volume baisse, un renouvellement peut échouer alors même que le visa initial avait été approuvé. Considérez la synthèse commerciale comme un document à tenir à jour chaque année, et non à préparer une seule fois.

Les sociétés qui investissent plutôt qu’elles ne commercent trouveront peut-être l’E-2 plus facile à documenter ; notre présentation des visas d’investisseur et de traité compare les deux. Lorsque le dossier commercial est prêt, notre article sur la demande de visa E-1 traite du dépôt lui-même.

Si vous n’êtes pas certain que le volume et la répartition du commerce de votre société convaincront un agent consulaire, une consultation avec Capitol Law Partners permet d’éprouver les chiffres avant le dépôt. Prenez rendez-vous.

Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis juridique. Cette communication ne crée aucune relation avocat-client.

Cagatay Ersoy. Une stratégie concrète pour les fondateurs, les investisseurs et les entreprises en croissance.

Besoin d’aide sur ce sujet ? Consultez notre page visa E-1 pour le commerce international ou prenez rendez-vous.

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