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Qui peut déposer une auto-pétition VAWA sur le formulaire I-360 ?

Conjoints, enfants et parents maltraités de citoyens ou de résidents permanents américains peuvent déposer leur propre pétition sur le formulaire I-360, à l'insu de l'agresseur et sans son aide.

Conjoints, enfants et parents maltraités de citoyens ou de résidents permanents américains peuvent déposer leur propre pétition sur le formulaire I-360, à l'insu de l'agresseur et sans son aide.

La loi sur les violences faites aux femmes (Violence Against Women Act, VAWA) permet à certains proches maltraités de citoyens américains et de résidents permanents légaux de déposer leur propre pétition d’immigrant, sur le formulaire I-360, sans que l’agresseur le sache, signe quoi que ce soit ou coopère. Le nom induit en erreur : des hommes déposent des auto-pétitions VAWA, tout comme des enfants et des parents. La loi existe parce que la pétition familiale ordinaire place le citoyen ou le résident en position de contrôle, et qu’un agresseur se sert de ce contrôle. L’auto-pétition VAWA (VAWA self-petition) le lui retire. Voici qui peut en bénéficier et ce que signifie chaque condition.

Les trois liens familiaux qui ouvrent droit à l’auto-pétition VAWA

Vous pouvez déposer une auto-pétition en tant que conjoint d’un citoyen américain ou d’un résident permanent violent. Cela inclut la personne qui se croyait mariée mais dont le mariage n’était pas juridiquement valable parce que l’agresseur était déjà marié à quelqu’un d’autre, ainsi que le conjoint dont l’enfant a été maltraité par le citoyen ou le résident, même si ce conjoint n’était pas lui-même directement visé. Vous pouvez déposer une auto-pétition en tant qu’enfant non marié de moins de 21 ans d’un parent citoyen ou résident violent ; un enfant qui dépose après 21 ans mais avant 25 ans peut encore être admissible si les violences ont été au moins l’une des raisons principales du retard. Enfin, vous pouvez déposer une auto-pétition en tant que parent d’un fils ou d’une fille citoyen américain âgé de 21 ans ou plus qui vous a maltraité. Les parents de résidents permanents ne sont pas couverts.

Notre pratique en visa U, visa T et VAWA vérifie d’emblée le statut de l’agresseur, car la pétition en dépend. Si l’agresseur n’a jamais été citoyen ni résident, le visa U peut convenir à la place ; notre article sur les crimes ouvrant droit au visa U explique cette voie.

Violences physiques ou cruauté extrême

La condition centrale est que vous ayez subi des violences physiques (battery) ou une cruauté extrême (extreme cruelty) de la part du proche citoyen ou résident pendant la relation. Les violences physiques désignent les actes de violence corporelle. La cruauté extrême est plus large que la plupart des gens ne le pensent : menaces de violence, isolement forcé de la famille et des amis, contrôle de tout l’argent et de tous les documents, contrainte sexuelle, humiliations, menaces d’appeler les services d’immigration ou de prendre les enfants, et violences psychologiques qu’un professionnel du suivi psychologique reconnaîtrait comme telles. Un seul acte violent peut suffire. Des années d’emprise sans le moindre bleu aussi.

Les preuves peuvent venir de partout : rapports de police et ordonnances de protection s’il en existe, mais aussi dossiers médicaux et de suivi psychologique, photographies, SMS et e-mails, déclarations d’amis, de voisins, de responsables religieux ou du personnel d’un foyer d’accueil, et surtout votre propre déclaration détaillée. L’USCIS applique aux pétitions VAWA le critère de « toute preuve crédible » (any credible evidence) ; l’absence de rapport de police n’est donc pas rédhibitoire.

Les autres conditions

Au-delà du lien familial et des violences, le conjoint auto-pétitionnaire doit démontrer que le mariage a été contracté de bonne foi et non pour obtenir un avantage migratoire. Chaque auto-pétitionnaire doit démontrer qu’il a vécu avec l’agresseur à un moment donné, aux États-Unis ou à l’étranger ; une vie commune actuelle n’est pas exigée. Chaque auto-pétitionnaire doit démontrer sa bonne moralité, en général sur les trois années précédant le dépôt, avec une exception pour les actes liés aux violences. Enfin, l’auto-pétitionnaire doit résider aux États-Unis, sauf si l’agresseur est un employé du gouvernement américain ou un membre des forces armées, ou si les violences ont eu lieu aux États-Unis.

Divorce, décès et perte de statut : les règles des deux ans

Le conjoint n’a pas besoin d’être marié le jour du dépôt. Vous pouvez déposer dans les deux ans suivant un divorce si celui-ci est lié aux violences, dans les deux ans suivant la perte de la citoyenneté ou de la résidence de l’agresseur à la suite d’un incident de violence conjugale, et dans les deux ans suivant le décès d’un agresseur citoyen américain. Un remariage avant l’approbation de la pétition est un motif de refus ; le calendrier d’un nouveau mariage doit donc être discuté avec un avocat. Un agresseur résident permanent qui est expulsé ou qui renonce à son statut après le dépôt de la pétition ne la fait pas échouer.

Confidentialité : ce que l’USCIS ne fera pas

En vertu du 8 U.S.C. 1367, le département de la Sécurité intérieure (DHS) ne peut divulguer aucune information sur un auto-pétitionnaire VAWA à qui que ce soit, y compris l’agresseur, sauf exceptions limitées, et ne peut pas prendre de décision défavorable fondée uniquement sur des informations fournies par l’agresseur. Les courriers sont envoyés à l’adresse que vous désignez, qui peut être le cabinet d’un avocat ou un foyer d’accueil. L’agresseur n’est jamais contacté. Une fois que l’USCIS a examiné la pétition et l’a jugée complète à première vue, il rend une décision prima facie (prima facie determination), qui ouvre l’accès à certaines prestations publiques pendant l’examen du dossier.

Après l’approbation : la voie vers la green card

Un I-360 approuvé vous place dans la même catégorie que celle qu’aurait ouverte une pétition familiale ordinaire. Si l’agresseur est citoyen américain et que vous êtes son conjoint, son enfant ou son parent, vous êtes un proche immédiat (immediate relative) et pouvez déposer le formulaire I-485 immédiatement, ou en même temps que l’I-360. Si l’agresseur est résident permanent, vous relevez d’une catégorie préférentielle et attendez un numéro de visa selon le Visa Bulletin ; les auto-pétitionnaires approuvés dans cette situation obtiennent un sursis administratif (deferred action) et peuvent demander une autorisation de travail pendant l’attente. Les règles d’ajustement de statut (adjustment of status) favorisent les auto-pétitionnaires : vous pouvez demander l’ajustement même si vous êtes entré sans inspection, et plusieurs des obstacles qui bloquent les autres demandeurs ayant travaillé sans autorisation ou perdu leur statut ne s’appliquent pas. Si l’agresseur avait déposé un I-130 pour vous, vous pouvez conserver sa date de priorité. La pétition VAWA fonctionne en parallèle du système familial ordinaire, et notre page immigration fondée sur la famille présente les pétitions qu’un proche non violent pourrait déposer. Si vous êtes déjà devant le tribunal de l’immigration, il existe un moyen de défense distinct, expliqué dans notre article sur l’annulation d’expulsion VAWA.

Si vous vivez une relation violente avec un citoyen ou un résident permanent, vous pouvez peut-être déposer une pétition pour vous-même sans que l’agresseur le sache jamais. Prenez rendez-vous.

Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis juridique. Cette communication ne crée aucune relation avocat-client.

Sena Sahin. Des conseils clairs pour les particuliers, les familles et les chefs d’entreprise.

Besoin d’aide sur ce sujet ? Consultez notre page auto-pétition VAWA, visa U et visa T ou prenez rendez-vous.

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