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Acheteur qui se désiste d'un contrat immobilier : quelles conséquences ?

Se retirer pendant une condition suspensive ne coûte rien. Se retirer après les échéances peut coûter le dépôt, voire davantage. Voici ce que permettent le contrat et la loi.

Se retirer pendant une condition suspensive ne coûte rien. Se retirer après les échéances peut coûter le dépôt, voire davantage. Voici ce que permettent le contrat et la loi.

Tout dépend du moment. L’acheteur qui résilie le contrat pendant une condition suspensive (contingency) encore en cours récupère son dépôt et ne doit rien de plus. L’acheteur qui refuse de conclure la vente après l’expiration des conditions suspensives est en défaut, et la clause du contrat relative aux recours détermine la suite : perte du dépôt à titre de dommages-intérêts forfaitaires (liquidated damages), indemnisation du préjudice réel du vendeur ou, dans de rares cas, condamnation à mener l’achat à son terme. Lorsqu’un acheteur se désiste d’un contrat immobilier, la clause relative au dépôt devient la phrase la plus importante du document, et elle est bien moins souvent négociée qu’elle ne devrait l’être.

Se retirer en vertu d’une condition suspensive

Si le contrat accorde à l’acheteur une condition suspensive de financement, d’inspection, d’expertise ou de titre et que l’échéance n’est pas passée, la résiliation est un droit, et non un manquement. L’acheteur adresse une notification écrite selon les modalités exigées par le contrat, et l’agent de séquestre (escrow agent) restitue le dépôt. En pratique, la restitution n’est pas toujours automatique : la plupart des agents de séquestre exigent, avant de débloquer les fonds, une mainlevée signée par les deux parties ou une décision de justice, même si certains formulaires régionaux permettent à l’agent de libérer les fonds à l’issue d’un délai de notification resté sans objection. Le vendeur qui refuse de signer la mainlevée peut retarder le remboursement, mais n’a aucun droit sur les fonds, et le recours de l’acheteur consiste en une mise en demeure suivie, si nécessaire, d’une action en justice. Notre synthèse sur le fonctionnement des conditions suspensives explique les échéances et les exigences de notification qui permettent une sortie sans difficulté.

L’acheteur qui se désiste après les échéances : le dépôt comme dommages-intérêts forfaitaires

Une fois les conditions suspensives remplies ou abandonnées, l’acheteur qui refuse de conclure commet un manquement, et la première question est de savoir ce que le contrat permet au vendeur de recouvrer. De nombreux formulaires résidentiels, et la plupart des contrats de vente new-yorkais, font du dépôt le seul recours du vendeur : celui-ci le conserve à titre de dommages-intérêts forfaitaires et ne peut pas réclamer davantage en justice. Les tribunaux font respecter ces clauses lorsque le montant constitue une estimation raisonnable de la perte probable du vendeur plutôt qu’une pénalité, et les dépôts d’un montant conforme aux usages sont régulièrement validés. La pratique new-yorkaise recourt à des dépôts plus élevés que dans le District ou en Virginie, et le droit de New York permet depuis longtemps au vendeur de conserver le dépôt d’usage d’un acheteur défaillant sans avoir à prouver son préjudice réel.

D’autres formulaires laissent le choix au vendeur : conserver le dépôt, ou le restituer et agir en réparation du préjudice réel. L’avocat de l’acheteur doit chercher à faire du dépôt le recours unique et exclusif ; l’avocat du vendeur doit au moins préserver ce choix si le dépôt est faible par rapport au prix. Notre équipe en contrats et négociations immobilières rédige la clause relative aux recours en tenant compte du montant du dépôt, car ces deux clauses n’ont de sens qu’ensemble.

Préjudice réel et exécution forcée

Lorsque le contrat autorise une action en dommages-intérêts, le préjudice du vendeur correspond en général à la différence entre le prix du contrat et la valeur de marché du bien à la date du manquement, souvent établie par un prix de revente inférieur, à laquelle s’ajoutent les frais de portage tels que les impôts, l’assurance et les intérêts du prêt hypothécaire pendant le retard, déduction faite des sommes économisées. Le vendeur doit faire des efforts raisonnables pour revendre. L’exécution forcée en nature (specific performance), c’est-à-dire une décision obligeant l’acheteur à acheter, est en principe possible parce que chaque bien immobilier est unique, mais les tribunaux l’accordent rarement contre un acheteur, car ce que veut le vendeur, c’est de l’argent, et une condamnation à des dommages-intérêts le lui procure. Les acheteurs qui demandent l’exécution forcée contre un vendeur défaillant ont plus de chances, et l’acheteur dans cette situation fait généralement enregistrer un avis de procédure en cours (lis pendens) afin d’empêcher une vente à un tiers.

Quand l’acheteur dispose d’un moyen de défense

L’acheteur accusé de défaut peut avoir des arguments à opposer. Si le vendeur n’a pas fourni un titre assurable, n’a pas réalisé les réparations convenues, a manqué une échéance qui conditionnait l’obligation de l’acheteur ou a fait sur le bien une déclaration inexacte qui a déterminé la conclusion du contrat, l’acheteur peut être en droit de résilier et de récupérer son dépôt au lieu de le perdre. Une condition suspensive à laquelle le vendeur prétend que l’acheteur a renoncé peut ne pas avoir été abandonnée, si le contrat exigeait une renonciation écrite et qu’aucune n’a été donnée. Les différends sur la réalisation d’une condition, par exemple sur la question de savoir si le prêt de l’acheteur a été « refusé » ou simplement retardé, sont la source la plus fréquente de contentieux sur les dépôts. Ce sont les faits et les documents qui les tranchent, d’où l’importance de mettre chaque notification par écrit et de suivre chaque échéance.

Se protéger, de part et d’autre

Les acheteurs doivent fixer des échéances qu’ils peuvent réellement respecter, lier la condition de financement au prêt qu’ils recherchent vraiment, éviter de renoncer à la condition d’expertise sans disposer des liquidités nécessaires pour combler un écart, et considérer le calendrier du contrat comme impératif dès le jour de la ratification. Les vendeurs doivent proportionner le dépôt au risque, décider s’ils l’acceptent comme recours unique, envisager une clause faisant de la date de clôture une condition essentielle (time is of the essence) et conserver une offre de secours lorsque le formulaire le permet. Les deux parties doivent consigner par écrit toute communication relative à la résiliation et éviter les assurances informelles qui pourraient être interprétées comme une prorogation ou une renonciation. Notre conseil en transactions immobilières commerciales et résidentielles constate que la plupart des litiges sur les dépôts naissent d’une étape manquée dans le déroulement du closing que personne n’a documentée, et non d’un acheteur qui a simplement changé d’avis.

Si vous êtes un acheteur qui doit sortir d’un contrat, ou un vendeur dont l’acheteur ne répond plus, une consultation avec Capitol Law Partners permet de déterminer où en est le dépôt et ce que le contrat permet réellement. Prenez rendez-vous.

Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis juridique. Cette communication ne crée aucune relation avocat-client.

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