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Changer d'employeur en visa I : ce qui se passe et comment prolonger
Un visa I est lié au média nommé lors de l'entretien. Un nouvel employeur suppose un nouveau visa, et un I-94 daté suppose une prolongation par I-539. Comment fonctionne chaque cas.
Un visa I est délivré pour travailler avec l’organisme de médias étranger précis que vous avez nommé lors de l’entretien consulaire. Si vous passez à un autre média, même étranger, il vous faut un nouveau visa I avant de travailler pour le nouvel employeur ; le département d’État considère qu’un changement d’employeur exige une nouvelle demande de visa, et aucune démarche effectuée depuis les États-Unis ne remplace cette étape. Les prolongations sont une question distincte et dépendent entièrement de ce qu’indique votre I-94 : la mention durée du statut (duration of status, D/S) n’exige rien, une date exige un formulaire I-539 déposé à temps.
Visa I et changement d’employeur : pourquoi l’employeur fait partie du statut
Dans les catégories fondées sur une pétition, comme le H-1B, l’employeur dépose une pétition, et un changement d’employeur implique une nouvelle pétition. Le visa I n’a pas de pétition : la lettre de l’employeur et le DS-160 en tiennent lieu, et le visa lui-même atteste de l’organisme que vous représentez. L’admission à la frontière vaut pour travailler pour cet organisme. Travailler pour un autre sort des conditions de l’admission, et les agents d’immigration le traitent comme un emploi non autorisé, que le nouveau média soit lui aussi étranger ou non.
La marche à suivre consiste à terminer la mission en cours, à obtenir la lettre et le contrat du nouvel employeur, puis à demander un nouveau visa I auprès d’un consulat, généralement dans votre pays d’origine ou dans un poste consulaire d’un pays tiers qui accepte les demandeurs. Notre page sur le visa I décrit les documents nécessaires à un entretien de renouvellement, qui sont en grande partie les mêmes que pour la première demande, le nouvel employeur remplaçant l’ancien. Il est impossible de présenter la demande depuis les États-Unis ; les consulats ne délivrent pas de visas sur le territoire américain.
Les journalistes qui ont plusieurs collaborations simultanées doivent anticiper. Si vous allez représenter deux médias étrangers à la fois, les deux doivent être déclarés lors de l’entretien initial et les deux lettres d’employeur présentées, afin que l’admission couvre les deux. Ajouter un second média plus tard suppose un nouveau visa. Notre article sur la demande de visa I explique comment présenter plusieurs employeurs dans une même demande.
Les collaborations annexes avec des médias américains
Un correspondant en visa I qui accepte une contribution rémunérée pour une publication américaine, intervient comme commentateur rémunéré sur une chaîne américaine ou occupe un poste salarié dans le bureau américain d’un média américain travaille sans autorisation. Le visa I ne couvre que les médias étrangers. La solution est une autorisation de travail distincte obtenue par l’employeur américain, c’est-à-dire en pratique une pétition O-1 ou H-1B, ou bien le refus du travail. Les contributions non rémunérées sont une zone grise ; la lecture la plus prudente est que tout travail productif effectué pour une entité américaine dans le cadre d’une mission nécessite une autorisation. La comparaison présentée dans notre article sur le visa I, le B-1 et l’O-1 pour le travail dans les médias explique les catégories qu’un employeur américain peut utiliser.
Les membres de la famille titulaires d’un visa I de personne à charge ne peuvent travailler pour personne. Un conjoint lui-même journaliste a besoin de son propre visa I, avec une lettre d’employeur, plutôt que d’un statut de personne à charge.
Prolongations : lisez d’abord votre I-94
La durée pendant laquelle vous pouvez rester est fixée au point d’entrée, et non par la date de validité du visa. À la date de rédaction, les titulaires d’un visa I ont généralement été admis pour la durée du statut (D/S), c’est-à-dire aussi longtemps que se poursuit la mission auprès de l’employeur nommé ; le DHS a proposé de remplacer le D/S par des durées d’admission fixes pour les catégories I, F et J, de sorte qu’il faut vérifier la règle en vigueur au moment de votre voyage. Consultez votre I-94 électronique après chaque entrée.
- Si l’I-94 indique D/S, aucune demande de prolongation n’est nécessaire tant que vous continuez avec le même employeur. Gardez à portée de main une lettre d’employeur à jour qui montre que la mission se poursuit.
- Si l’I-94 indique une date, vous devez déposer le formulaire I-539 auprès de l’USCIS avant cette date, avec une nouvelle lettre d’employeur confirmant la poursuite de la mission et les frais de dépôt USCIS en vigueur. Un dépôt dans les délais vous maintient dans une période de séjour autorisé pendant que l’USCIS statue. Les personnes à charge sont incluses sur le même formulaire ou sur un supplément.
Un visa expiré associé à une admission valide ne pose pas de problème tant que vous restez aux États-Unis. Le visa ne compte que pour le retour : si votre visa a expiré et que vous voyagez, vous devez en obtenir un nouveau à l’étranger avant de revenir, même si votre statut était valide au moment du départ. Notre page sur le changement et la prolongation de statut présente les règles générales de l’I-539, y compris l’effet d’un voyage pendant l’examen d’une demande.
Passer à une autre catégorie
Les titulaires d’un visa I peuvent changer de statut aux États-Unis pour une autre catégorie de non-immigrant s’ils remplissent les conditions et déposent leur demande avant la fin de leur séjour autorisé : une pétition O-1 d’un employeur américain, un F-1 pour un programme diplômant, ou un H-1B par l’intermédiaire d’un employeur sélectionné au tirage au sort ou exempté du quota. La catégorie I n’est pas à double intention (dual intent), de sorte que le dépôt d’une pétition d’immigrant pendant que vous êtes en statut I peut compromettre votre retour si vous voyagez, même s’il ne met pas fin au statut à lui seul. Les journalistes qui ont un long parcours remplissent souvent les conditions d’un O-1 ou d’une green card EB-1A ou EB-2 NIW, et le passage du statut I à un O-1 fondé sur des capacités extraordinaires est un parcours que nous planifions régulièrement.
La fin de la mission
Lorsque la mission prend fin et que vous n’avez aucun nouveau fondement pour rester, partez rapidement. Il n’existe pour la catégorie I aucun délai de grâce légal comparable aux 60 jours dont bénéficient certaines catégories d’emploi ; considérez donc la fin de la mission comme la fin du statut et organisez votre départ en conséquence. Le dépassement de la date d’un I-94 daté déclenche le décompte de la présence irrégulière (unlawful presence) ; le dépassement d’une admission en D/S ne le déclenche qu’après une constatation formelle, mais il nuit tout de même aux demandes futures.
Si votre média change, si un employeur américain vous a fait une offre ou si votre I-94 indique une date qui approche, une consultation avec Capitol Law Partners permet de déterminer quel dépôt ou quelle démarche consulaire vous maintient en statut. Prenez rendez-vous.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis juridique. Cette communication ne crée aucune relation avocat-client.
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Besoin d’aide sur ce sujet ? Consultez notre page visa I pour les correspondants étrangers ou prenez rendez-vous.