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Visa P-2 et échange réciproque : qui peut en bénéficier ?

Le visa P-2 exige un véritable accord d'échange entre un organisme américain et un organisme étranger, avec des artistes comparables dans chaque sens. Voici qui est concerné.

Le visa P-2 exige un véritable accord d'échange entre un organisme américain et un organisme étranger, avec des artistes comparables dans chaque sens. Voici qui est concerné.

Le visa P-2 est la plus étroite des catégories P, et la raison tient à son nom. Il est réservé aux artistes et aux professionnels du spectacle (entertainers) qui viennent aux États-Unis dans le cadre d’un programme d’échange réciproque (reciprocal exchange program), ce qui signifie qu’un artiste américain de niveau comparable part à l’étranger en vertu du même accord. Sans accord d’échange, il n’y a pas de dossier P-2, quel que soit le talent de l’artiste. Ce seul fait permet de trier la plupart des demandes avant que quiconque ne réunisse la moindre pièce justificative. Cet article passe en revue les conditions du visa P-2 liées à l’échange réciproque, afin que vous puissiez déterminer rapidement si la catégorie vous convient ou s’il vaut mieux envisager le P-1, le P-3 ou l’O-1B.

Ce que signifie un programme d’échange réciproque pour un visa P-2

Le cœur de toute pétition P-2 est un accord d’échange formel et écrit entre un organisme établi aux États-Unis et un organisme établi dans un autre pays. En vertu de cet accord, les artistes de chaque partie se produisent dans le pays de l’autre à des conditions similaires. L’exemple le plus connu est le programme géré par l’American Federation of Musicians (AFM) pour les musiciens qui circulent entre les États-Unis et le Canada, mais les orchestres, les compagnies de théâtre, les festivals et les conseils des arts peuvent signer, et signent effectivement, leurs propres accords de réciprocité avec des homologues étrangers.

L’USCIS recherche la similarité plutôt que la symétrie. La réglementation exige que les artistes échangés soient d’un calibre comparable, que les conditions d’emploi (y compris la durée de l’engagement) soient similaires et que les effectifs concernés soient à peu près équilibrés. Elle n’impose pas un échange nombre pour nombre à des dates identiques. Un quatuor américain en tournée en Allemagne au printemps et un quatuor allemand en tournée aux États-Unis à l’automne peuvent satisfaire à la règle si l’accord relie les deux engagements.

Ce qui ne fonctionne pas, c’est un accord rédigé après coup pour habiller une embauche ordinaire. Les agents instructeurs lisent le document, le comparent à la déclaration de l’organisme parrain et attendent que l’échange soit réel des deux côtés. Notre page consacrée au visa P-2 pour échange artistique réciproque décrit la manière dont nous examinons un accord avant de bâtir une pétition sur celui-ci.

Qui peut être bénéficiaire

La classification P-2 couvre les artistes et les professionnels du spectacle, à titre individuel ou en groupe. Les musiciens et les comédiens sont les bénéficiaires les plus fréquents, car leurs syndicats gèrent des programmes d’échange établis, mais les danseurs, les chefs d’orchestre et les autres artistes de la scène sont admissibles si un accord d’échange les couvre.

Pour un groupe, chaque membre doit être un artiste dont les compétences sont comparables à celles des artistes américains qui partent dans l’autre sens. Le P-2 ne comporte pas la règle du P-1B selon laquelle la majorité du groupe doit s’être produite ensemble pendant au moins un an, ce qui en fait une voie pratique pour les ensembles constitués en vue d’un échange précis. Le personnel de soutien essentiel, comme un ingénieur du son ou un régisseur dont les compétences font partie intégrante de la représentation et ne peuvent pas être facilement assurées par un travailleur américain, peut être inclus dans une pétition P-2S distincte, accompagnée de sa propre consultation et d’une déclaration expliquant pourquoi ces personnes sont essentielles.

L’organisation syndicale doit être associée

Deux exigences distinctes font intervenir une organisation syndicale américaine (labor organization), et il est facile de les confondre.

D’abord, comme toute pétition P, un dossier P-2 nécessite une consultation écrite, souvent appelée avis consultatif (advisory opinion), émanant d’une organisation syndicale compétente et portant sur la nature du travail et les qualifications du bénéficiaire. S’il n’existe aucune organisation compétente pour la discipline, la pétition doit le préciser et l’USCIS statue sur la base des autres preuves.

Ensuite, et c’est propre au P-2, la pétition doit démontrer qu’une organisation syndicale américaine compétente a participé à la négociation de l’échange réciproque ou y a donné son accord. Lorsque le syndicat est lui-même l’organisme parrain, comme dans le programme de l’AFM, c’est simple. Lorsqu’un orchestre ou un festival a signé son propre accord avec un homologue étranger, il vous faudra une lettre du syndicat concerné confirmant qu’il a examiné l’échange et l’a approuvé. L’obtention de cette lettre peut prendre du temps : demandez-la avant la rédaction de la pétition, et non après.

Qui dépose la pétition, et sur quel formulaire

Le bénéficiaire ne peut pas déposer lui-même la demande de visa P-2. Le pétitionnaire doit être l’organisme parrain américain partie à l’accord d’échange, un employeur américain ou un agent américain agissant pour le compte des employeurs concernés. La pétition prend la forme du formulaire I-129 accompagné du supplément relatif à la classification P, déposé auprès de l’USCIS avant tout entretien consulaire. Les étapes successives, du dépôt jusqu’à l’apposition du visa et l’admission, sont détaillées dans notre article sur la procédure de pétition P-2.

Une pétition déposée par un agent est courante lorsqu’un artiste en tournée se produira pour plusieurs salles ou organisateurs. L’agent doit être autorisé à agir pour le compte de chacun d’eux et doit joindre un itinéraire indiquant les dates et les lieux, ainsi que les contrats ou un résumé des conditions convenues avec chacun.

Les situations que le visa P-2 ne couvre pas

Certains artistes qui se renseignent sur le P-2 relèvent d’une autre catégorie. Un groupe jouissant d’une reconnaissance internationale mais dépourvu d’accord d’échange relève du P-1B, et nous comparons les deux voies dans P-2 ou P-1B pour les groupes en tournée. Un soliste au parcours distingué peut mieux correspondre au visa O-1B pour les artistes aux capacités extraordinaires, qui ne comporte aucune exigence d’échange mais impose une charge de la preuve bien plus lourde. Un ensemble traditionnel ou folklorique devrait se tourner vers le P-3.

De courtes prestations sans autre rémunération américaine que le remboursement des frais relèvent parfois d’un visa de visiteur, mais les limites sont strictes ; vérifiez ce que vous pouvez faire ou non avec un visa B-1 ou B-2 avant de vous y fier. Enfin, le P-2 est une classification temporaire liée à l’engagement d’échange. Vous serez admis pour la durée nécessaire à son exécution, dans la limite d’un an à la fois, et un agent consulaire peut vous interroger sur vos projets de retour dans votre pays à son terme.

Si votre organisme participe à un échange et que vous n’êtes pas certain que l’accord et les artistes répondent aux critères du P-2, une consultation avec Capitol Law Partners permet de trancher la question avant que quiconque ne réserve ses billets d’avion. Prenez rendez-vous.

Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis juridique. Cette communication ne crée aucune relation avocat-client.

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Besoin d’aide sur ce sujet ? Consultez notre page visa P-2 pour échange artistique ou prenez rendez-vous.

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